Mylène Farmer est une icône gay...Depuis le début de sa carrière elle est adulée par un public largement homosexuel. On peut le constater dans certaines boites, dans les concerts ou manifestation concernant l'artiste...
Je vous propose un petit tour d'horizon du monde Farmerien pour vous faire comprendre pourquoi, selon moi, c'est une grande artiste (bien qu'une grande commerciale aussi, elle aurait pu faire partie de la world compagny je le reconnais amplement !).
Je passerai ici outre la voix de la chanteuse qui lui donne un aspect fragile et qui fait que l'on aime ou que l'on ne l'aime pas. Je ne crie pas à la grande musique mais au génie artistique que possèdent les personnes un peu décalées, en mal de vivre. Dans les références de Farmer on trouve des auteurs romantiques, des peintres déchirés, des films noirs oubliés de tous...
Elle déclarait il y a quelques années : « Quand j'étais petite, beaucoup de gens me prenaient pour un garçon et j'aimais ça. Il y a toute une période de ma vie j'aurais voulu être sans sexe. »
C'est sans doute en partie l'aspect recherché de l'esthétisme qui plait chez Mylène Farmer, le tout mêlé à ses textes désespérés, un mélange sulfureux qui en attire certains et qui en révulse d'autres. Certains se reconnaissent dans ses maux, dans ses interrogations, dans ses envies d'en finir, d'autres sont trop influencés par cette voix qu'ils n'aiment pas pour se laisser toucher par des textes pourtant intéressants.
On fait un petit retour dans le début des années 80, Laurent Boutonnat cherche une jeune fille pour interpréter son titre « Maman a tort », il croise Mylène par hasard et l'alchimie se crée, il lui propose de travailler avec lui, ce qu'elle accepte volontiers, cela la faisant sortir des publicités (dont une TV pour le chat machine, et oui ! ) et du mannequina dont elle essaye de vivre.
Nous sommes donc en 1984 quand sort le single « Maman a tort », rapidement controversé à cause du contenu ambigu de la chanson. L'histoire d'une jeune fille dans un hôpital qui voue un amour sans bornes à son infirmière. Mélange entre équivoque entre saphisme, psychiatrie et perversion... « ...Un, l'infirmière chante, deux, ça m'fait des choses, trois, comme l'alouette, quatre, j'ai peur, cinq, c'est dur la vie, six, pour en sourire, sept, j'en pleure la nuit, huit et vous ? J'aime ce qu'on m'interdit, les plaisirs impolis, j'aime quand elle me sourit, j'aime l'infirmière maman... ». Bien que les paroles ne soient pas d'elle pour ce texte, on entre ici dans un univers glauque, froid ou l'amour est difficile à obtenir. C'est le monde Farmerien en devenir qui se dessine ici. Déjà dans ce premier titre et avec le remous de cette chanson il y avait de quoi commencer à toucher un public homosexuel...(à la fin clip elle est décapitée, rude sentence envers la jeune fille qui ressent des choses pour son infirmière doit on y voir une condamnation de l'homosexualité et une sentence morale sûrement encore présente à l'époque...).
Le second single, ne laissera pas autant de souvenirs, « On est tous des imbéciles » restera dans les bacs, le seul regret à avoir est peut être que du coup la chanson de la face B « L'annonciation » dure et émouvante n'ait pas été connue (elle y raconte l'histoire d'un viol à mi-mots).
« Plus grandir », son troisième titre, est le premier titre signé de sa main pour les paroles, avec Laurent Boutonnat pour la musique et c'est le premier d'une longue liste s'agrandissant au fil des albums. Ce titre cartonne en haut des hits et lance la carrière de Mylène telle qu'on la connaît.
La violence des chansons prend souvent corps dans les clips qui les accompagnent, ici on y voit une Mylène évoluant entre enfance et âge mur dans une vaste demeure (avec encore une fois un passage a l'acte sexuel assez difficile, voire violent), le clip termine là où il commence, dans un cimetière Mylène s'arrêtant avec un landau devant sa propre tombe, le décor est planté, la boucle est bouclée, il y a la mort au bout...